Phobies et psychogénéalogie

La problématique des phobies peut également être abordée sous l’angle de l’analyse transgénérationnelle. Rappelons-le, un grand nombre de pathologies de l’ici et maintenant trouvent leurs racines dans des traumatismes vécus par nos ascendants et non réglés à l’époque.

L’inconscient familial se fait vecteur de transmission d’une génération à l’autre d’un magma d’émotions non digérées que l’on pourrait représenter par un oursin piquant. Il amène dans l’existence des descendants des souffrances jugées comme difficilement explicables et qui se révèlent à travers des symptômes phobiques. La phobie installée peut donc à la fois faire référence directement au trauma antérieur, par exemple la peur panique de l’eau où un ancêtre s’est noyé, ou s’exprime à travers le symbole, par exemple une crainte invalidante de la fumée dont l’odeur persistante agresse l’odorat. Dans le cas qui nous occupe, cette puanteur qui ne s’évacue pas du ressenti et fait éviter systématiquement toute source de feu, renverra à l’exclusion d’une grand-mère jugée comme « putain » (étymologiquement = qui pue) parce qu’elle avait eu en son temps un enfant hors mariage. Il est donc intéressant, quand un diagnostic de phobie est posé, de passer cette dernière à travers le tamis généalogique et de traiter non seulement le sujet dans sa vie quotidienne mais de l’amener également à chercher plus haut dans son arbre si une explication parfois cachée ne s’y trouve pas.


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